Lettre ouverte d’un refugié à “l’ombusman” burundais Edouard Nduwimana:

“Arrête la fourberie et l’achat des consciences pour diviser l’opposition”

Par KARAKWIYE Fidèle, Liège le 10/10/2017

Monsieur l’Ombusman,

Pendant longtemps et à plusieurs reprises, j’ai pensé à vous écrire avant de me raviser. J’ai eu du mal en effet à écrire à une personne qui a sacrifié la raison sur l’autel du militantisme primaire et aveugle. Le cynisme dont vous avez fait preuve, à Businde lorsque vous avez nargué les victimes de la Tyrannie policière, vos déclarations fracassantes au sujet de l’incendie du marché central de Bujumbura qui, selon vous, serait l’acte de Dieu qui voulait un marché plus moderne, la Nyakurisation des partis politiques de l’opposition, le harcèlement de la société civile, votre participation dans la fermeture des médias indépendants m’ont empêché à vous envoyer cette lettre qui a été rédigée voici déjà un mois. Une récurrente question me venait à l’esprit: Vaut il vraiment la peine d’écrire à quelqu ‘ un qui semble avoir subi un lavage de cerveau et qui s’est enfoncé tellement bas qu’il ne saurait revenir en arrière.

Je me demandais surtout comment vous vous sentez après tant de déboires que vous ne cessez de causer à votre pays ; qui vous a tout donné, mais dont vous ne cessez de détruire avec un zèle inouï. Après tout, je ne saurais rétablir la conscience dans une âme en perdition, mais faut il au moins vous rappeler, à travers cette lettre ouverte, que la société n’est pas dupe et que la triste comédie à la quelle tu te livres sans réserves est une tragédie d’abord pour vous-même pour votre conscience, votre personnalité et votre progéniture. Ohh ! Qu’il doit être difficile pour vos enfants de porter votre nom ! Loin des paroles de vos courtisans qui ne font que vous caresser dans le sens de vos poils, accepte de lire cette lettre qui émane d’un compagnon qui est affligé par certains actes qui ne conviennent pas à quelqu’un qui se croit être un homme d’honneur.

En effet Monsieur l’OMBUSMAN, Depuis mon énième exile, j’ai reçu votre émissaire. Hautain, orgueilleux et croyant détenir le monopole des connaissances et de la vérité comme son mentor, je l’ai reçu malgré tout pour jauger l’ampleur de la perfide campagne que vous menez sans vergogne pour diviser l’opposition afin de continuer à régner sur les ruines de notre pauvre pays tant martyrisé. Je l’ai reçu pour connaître les raisons qui se cachent derrière le fait que vous contactez prioritairement des frondeurs au détriment d’autres groupes de Burundais pour les inciter à trahir et à rentrer au Burundi en vue de soutenir le régime. L’ancien Gouverneur de CANKUZO qui vient d’être votre récente victime et qui, ironie du sort, se trouve actuellement en Résidence Surveillée illustre ce phénomène.

Assis donc à la véranda d’un Bar de Bruxelles, après avoir fait plusieurs dizaines de Kilomètres depuis Liège ma ville, pensif et curieux de l’entendre, après avoir attendu longtemps et l’observer ingurgiter sans modération la bière “Leffe” si rare et prisée à Bujumbura, il m’a fait savoir que l’objet de sa visite était de me demander de rentrer au bercail pour savourer selon ses termes “les délices de la victoire et de la paix retrouvée“.

Sur fond de divisionnisme si cher au parti , il est venu m’offrir un fameux pardon pour « des crimes » qui me sont inconnus et que je n’ai jamais commis, un pardon venant d’un sinistre tribaliste illuminé, rongé par le délire de persécution, qui se croit être le père de la nation au moment où nombreux parmi les Burundais le considère comme leur Bourreau. Un pardon suspect et abject, offert sur un plateau imprégné de sang et en catimini, qui serait réservé aux brebis galeuses et que j’ai vigoureusement rejeté. Je ne doute pas que d’autres Burundais ont été approché dans ce sens pour démobiliser dans le camp de ceux qui veulent défendre l’Etat de droit, et je vous écrits pour vous signifier ma désapprobation de cette méthode déloyale, souterraine et nocive qui vise à saper le dialogue en cours qui est par ailleurs littéralement paralysé par votre blocage. Cette méthode visant à acheter les consciences, à spéculer sur les conditions de vie des réfugiés est indigne à un « Ombusman » et met à nu la misère intellectuelle et philosophique dont souffre cruellement la classe dirigeante.

Ne pouvant pas aborder la cause que l’opposition défend, vous préférez les raccourcis et coulisses pour attaquer sournoisement dans le dos une opposition si attachée au règlement pacifique du confit. Quant il s’agit de la société civile, vous avez peur d’un face à face, vous essayer d’imposer les règles de jeu à la médiation, la conscience étant incorruptible, peut être êtes vous hanté par la peur de croiser les yeux avec ceux qui vous aviez conseillé de ne pas vous engager dans cette aventure qui a générée ce chaos tragique dont l’issu reste incertain.

Quant à votre émissaire, Je lui avais répondu dans les termes on ne peut plus clair et à l’idée que le message pourrait avoir été déformé et altéré par votre valet, j’ai tenu à vous apporter ma réponse à travers cette lettre ouverte. J’ose espérer que vous allez m’excuser pour la franchise avec la quelle je vais vous livrer ma réponse, si proportionnelle à l’offense que vous m’avez faite en m’invitant à m’associer à un système criminel chavirant et sans avenir , qui risque de finir sa course devant la justice pénale internationale.

Je n’écris donc pas en espérant une réponse mais bien pour satisfaire mon devoir de te dire la vérité crue qu’importe son usage par votre gouverne hélas borné.

En effet Monsieur l’Ombudsman, c’est avec courtoisie que j’ai reçu votre zélé fervent serviteur qui semble avoir renoncé à la raison pour servir aveuglement un système aux abois dont vous êtes parmi les plus odieux représentants et plus sinistre serviteurs. Comme votre maître, j’admets que vous avez l’art de choisir des émissaires fidèles et têtus qui ne pensent que selon vos directives. En effet, abusant de mon humilité, il a tenté de légitimer les hors la loi, de justifier les crimes actuels par les crimes du passé, il avait essayé de puiser dans sa misérable caboche les pires mensonges dont vous lui avez fait avaler sans modération. Sans détour, il a regretté les témoignages que j’ai rendus public quelques mois auparavant à travers les réseaux sociaux, en me parlant d’une solidarité qui doit caractériser tout “Mugumyabanga” même en exile. Il a insinué, que n eut été la clémence de « son excellence », que les sanctions pouvaient être très sévères comme l’avait dit Gélase NDABIRABE en 2015 au sujet des frondeurs et comme cela ressort du récent témoignage de mon ami KABURA Jean Marie qui a trouvé refuge en Australie.

Outre cette menace à peine voilé, Il s’est apitoyé sur les conditions de vie d’un refugié , il m’a parlé de la victoire chimérique du régime et de ce peuple qui souffre en silence , il a vanté la bravoure de ceux qui tuent, persécutent et violent ceux qui sont soupçonné d’être des opposants, bref il tenté en vain de défendre l’indéfendable, de jeter des fleurs à l’ignominie honnie par le concert des nations, bref il a essayé de faire tout le possible pour me convaincre à rentrer pour échapper au calvaire de l’exile mais les arguments étaient hélas trahis par les faits qui parlent d’eux-mêmes. Il ne pouvait pas en effet, parler plus fort que les morts, les disparus, les femmes violées dont les voix stridentes et révoltantes s’élèvent quotidiennement vers l’au delà pour réclamer Justice.

Décidément, le pouvoir enivre plus que la Vodka ! Tellement j’ai été étonné par sa loyauté envers un régime qui ne fait que réveiller les vieux démons pour diviser davantage les burundais en tournant sans cesse un glaive de la haine dans les plaies encore béantes causées par les événements tragiques qui ont marqués l’histoire post colonial de notre pays, un passé qui manifestement ne passe pas.

Comme Je connaissais un cousin à lui qui a été tué par les services de renseignements simplement parce qu’il avait participé dans les manifestations pacifiques, il m’a dit qu’il essaie de cacher cette relation pour que la confiance du régime envers lui ne soit pas entamée, il m’a affirmé en terme voilé qu’il avait mérité son sort en ce sens qu’il s’était allié à l’ennemie. Il minimisait cette mort atroce comme vous minimisez certainement, le fait que plusieurs membres de votre famille soient exilés, bien que tu sois parmi les membres de la « clique » qui fait la pluie et le beau temps au sein du régime de fait de Bujumbura. Puis je avoir la confirmation d’une information faisant état d’un membre de ta famille par alliance a aussi été tué par vos escadrons de la mort en date du 11/12/2015 à Nyakabiga, mais que vous avez fait semblant de l’ignorer en ne participant même pas à son enterrement pour ne pas perdre la confiance de ceux qui avait ordonné ce carnage ?

Balayant du revers de la main ce sujet qui fâche, votre zélé émissaire, a continué avec ses offres et propositions. Il m’a curieusement promis monts et merveilles si et seulement si j’abandonne la cause que je défends. Il m’a invité à revenir au pays pour m’enrichir dans la soumission et la dictature immonde. Il m’a parlé des secrets que l’ancien ambassadeur du Burundi en Belgique vous aurait livré, de l’importance de ma coopération et celle d’autres frondeurs qui aiderait le CNDD à se défaire définitivement de ses ennemies pour régner sur le pays jusqu’à la fin du monde. Quel drôle d’offre ! Pour lui et selon votre message, tant qu’on est rassasié, peu importe que le pays croule ! Même si le pays tombait en faillite, disait-il « nous seront les derniers à en ressentir les conséquences ».

En le fixant droit dans les yeux, j’ai cru que ces abominables propos ne sont pas les siens. Je me suis souvenu des propos terribles d’une gravité extrême qui ont été proférés par un arriviste au poste de vice Président, qui, dans son outrageante ignorance, joue au dindon de la farce, en gravitant bêtement dans les méandres d’une labyrinthe touffue gangrénée d’inconscients exploités et dressés pour paraître être à la manette d’un navire chavirant et dont les matelots ivres de sang n’utilisent plus la boussole en haute mer en espérant parvenir à s’orienter en utilisant les bas instincts ; ce qui prédit un naufrage fatal sur les rives d’un îlot funeste au grand dam de l’équipage exploité et désabusé .

Je ne me suis pas étonné que ces mots puissent venir de l’émissaire de l’ “ombusman” qui incarne la discorde et la division avec son triste bilan, grosso modo, qui incarne l’opposée même de l’homme qui peut accomplir les missions qui relèvent de cette noble tâche hautement républicaine. En l’écoutant attentivement, il continuait à parler en croyant qu’il était entrain de me convaincre.

Loin d’être convaincu, j’étais plongé dans une profonde méditation en pensant à cet accident historique qu’à connu le Burundi, le jour où il a eu pour dirigeants de personnes qui pensent comme votre émissaire et vous mêmes. Irrésistiblement ; je pensais au célèbre écrivain anglais Shakespeare qui, dans son ouvrage célèbre “Hamlet” disait “qu’il y a quelques choses de pourri dans le royaume de Danemark”. 

Pire encore, essayant de réactiver le divisionnisme qui vous guident en vue de noyer le vrai problème, il m’a exposé sans succès qu’en ma qualité de Hutu, je ne crains rien en rentrant au pays oubliant qu’un Cousin du FNL qui ne l’était pas moins vient d’être assassiné il n’y a pas longtemps et que le deuil se fait secrètement.

Comme s’il s’agissait d’une course vers la sédition, il m’a parlé d’Helsinki qui vise à couper l’herbe sous les pieds de la CPI, des Passeports Burundais qui seront décernés prochainement aux politiciens coopératifs dans la couverture des crimes , des soutiens indéfectibles du régime à l’étranger qui lui assure la pérennité , de ses espoirs pour l’avenir du CNDD et l’urgence de rentrer avant qu’il ne soit trop tard. Est-il un jour trop tard pour rentrer chez soi ? ne cesser de ressassait cette question dans mon esprit !

Je me suis même interrogé sur le sédatif qu’avaient pris mes compagnons de lutte pour s’asseoir à Helsinki avec le fossoyeur de la démocratie en vue de discuter de sa résurrection. J’ai des raisons de croire que si la démocratie doit revenir au Burundi, elle passera par tout autre canal sauf celui creusé par le malicieux acteur qui , dans cette crise s’est montré être ce que fut Rudolf Hess pour Hitler au moment où il commettait les pires crimes qu’a connu l’humanité .

L’histoire retiendra qu’en date du 22/3/2014 lorsque votre mentor venait de subir un échec cuisant dans son aventure visant à changer la constitution afin d’ enterrer l’Accord d’Arusha et partant s’éterniser au pouvoir , vous avez été le premier à affirmer que même si l’assemblée Nationale venait de rejeter le projet de révision de la constitution au nom du peuple souverain ; que les candidats éventuels à la présidentielle de 2015, doivent garder à l’esprit que Nkurunziza, malgré son échec, s’imposera comme candidat par force pour s’accaparer de ce troisième mandat de la discorde qui ne cesse d’accélérer la descente aux enfers de ce pays meurtrie.

A voir ce qui est arrivé par après, comme vous l’aviez prédit , il n’ ya point de doute qu’un projet d’attenter à la constitution et au peuple était ourdi depuis longtemps par un cercle restreint qui entoure Nkurunziza dont vous faites parti et qui aimeraient rester au pouvoir à vie pour échapper à la rétribution d’une justice indépendante contre les crimes économiques et de sangs qui ont toujours caractérisé ce régime dont vous êtes parmi les pires représentants.

Monsieur l’ « Ombusman », la grande erreur des personnes comme vous est de croire que le sens de la vie de tout être humain est uniquement guidé par le désir de satisfaire les besoins primaires, matériels et mondains. Il va sans dire que votre séjour à l’université ne présager point de bonne augure au regards des intrigues et manigances dont vous étiez l’auteur. Je me souviens de toi alors Procureur, prétentieux, régionaliste et rongé par l’avidité des richesses que tu rêvais d’amasser sans modération et à n’importe quel prix. A cette époque là servant comme magistrat mécontent, corrompus, et sans talent particuliers outre la fourberie, vous blâmiez le monde en raison de votre pauvreté mentale et financière et non en raison du système de gouvernance qui était en place. La preuve et que vous l’avez consolidé et perpétué.

Demandez-vous une question consistant a savoir un seul bien que vous auriez déjà fait à la nation pour évaluer la vérité qui se trouve dans cette correspondance. Garde la réponse pour vous et faites vous une conscience tranquille mais sachez que le peuple est attentif à vos faits et gestes.

L’Erreur monumentale que vous ne cessez de commettre est de confondre le pays à ce parti politique pris en otage par la dictature et dont la vision initiale a été détournée par la boulimie immodérée du pouvoir de la part d’un petit groupe de mafieux qui exécutent un agenda qui a toujours été caché aux membres loyaux actuellement écartés. Je connais mieux que vous ce parti auquel tu as adhéré par opportunisme et dans l’avenir, je vous conjure de m’épargner de leçons quant à la droiture ou nom de mes positions par rapport à ce conflit éminemment politique et dont vous tentez d’exploiter perfidement.

Nous souffrons certes de l’exile, les conditions de vies sont rudes, mais de cette crise jaillira un Burundi digne et prospère qui exigera la redevabilité envers ses dirigeants qui, sans nul doute, apprennent à leurs dépens à respecter la loi fondamentale. Je ne doute pas que le CNDD FDD ne se serait pas aventuré en piétinant la Constitution s’il avait su à l’avance l’ampleur de la résistance dont les Burundais ont fait et continueront à faire preuve, jusqu’au rétablissement d’un Etat véritablement démocratique, respectueux de tous ses filles et fils, indistinctement de leurs opinions.

Pour terminer avec votre véreux émissaire, ne tarissant point d’éloges envers ses maîtres, il m’a venté votre santé financière qui serait très bonne, de tes innombrables villas, il m’a parlé de ses affaires florissantes en insinuant que je perds mon temps en restant à l’étranger. La principale raison qui me pousse à vous écrire cette lettre est aussi de répondre à cette nocive invective , la notion d’utilité étant très discutable.

Monsieur l’Ombusman, le demi million de réfugié Burundais qui croupis dans la misère à l’étranger a fui la terreur dont vous avez participé à instaurer. Piétinant la loi sans vergogne, vous avez divisé les partis politiques, vous avez harcelé la société civile, participé dans la fermeture des médias indépendant et vous n’avez pas la carrure d’occuper le poste de sapeurs pompier après avoir incendié le pays. Je vous en prie, tâche d’interroger votre conscience et gardez vous de contacter une quelconque autre personne pour lui communiquer de telles sottises. “ni ukwiha amenyo y ‘abatwenzi”. Pour ce qui est de ces biens mal acquis que vous continuez à accumuler en ce moment où le peuple souffre de faim, s’il plaît au tout puissant, si la justice se réveille de son profond sommeil, ces biens reviendront au peuple.

Quel drôle d’ Ombusman qui vante que « tout va bien dans le meilleur du monde » au moment où les siens( femmes et enfants) seraient entrain de chercher l’asile sous d’autres cieux tant vilipendés par son régime fantoche. Vous avez de l’imagination, vous et votre communicateur diabolique qui a poussé sa famille au pays des Yankees qu’il ne cesse de traiter de tous les maux. A l’heure où je vous écris ce message, j’apprends que d’autres Burundais, pas n’importe les quels, gagnent l’exil pour fuir ce régime infréquentable tandis que la horde de bourreaux du peuple s’active à éliminer les preuves en tuant les Imbonerakure utilisés dans les crimes contre l’humanité en cours. Vous auriez vous demander ce que vous deviendrez après la chute inéluctable de ce régime ? La risée du monde. Comment osez-vous jouer un tel jeu au moment où les crimes continuent de plus bel ? Combien restent ils au pays, parmi les refugiés précédemment poussés à rentrer contre leur gré par le gouvernement Tanzanien ?

Ainsi, pour comprendre les raisons qui nous poussent à rester en exile en réclamant l’Etat de droit, il fallait faire une analyse intrinsèque de cette clique sinistre qui a oublié la nation pour penser à sa protection qui passe par la perpétuation de l’impunité. Croyez vous que votre place soit enviable au regard des crimes qui seront à jamais coller à votre image et à celui de ce régime dont vous êtes l’infatigable défenseur ! Je renonce au poste que vous avez tenté de m’offrir en guise de récompense. Garde-le mais , de grâce, donne la paix au Burundais qui sont encore terrorisés par la répression atroce dont ils ont fait objet.

Monsieur l’ « Ombusman » je me pose souvent la question de savoir si dans ton fort intérieur, avec votre comportement de ces dix dernières années, vous vous considérez vous -mêmes, en âme et conscience comme un vrai Ombusman capable d’assumer les missions que vous assigne l’article 237 de la constitution ? Je vous pose cette question en effets car pas mal de Burundais vous considère beaucoup plus comme un garçon de course de Nkurunziza. J’ai bien peur que vous ne méritiez point ce Poste qui devrait être occupé par “un médiateur de la République” car vous incarnez beaucoup plus le rôle de “divisionniste de la république”.

Sachez cher Edoaurd qu’au delà de ce luxe monstrueux qui vous prive la lucidité, d’autres personnes peuvent faire des choix mêmes douloureux pour défendre les principes en lesquels ils croient. Pour répondre à votre question qui me demander pourquoi je reste en exile alors que je ne suis pas poursuivi par votre dépendante justice : Je reste en exil pour que le Burundi sache qu’il existe une alternative, pour que les générations futures puissent respirer le vent de liberté qui a cessé de se diriger vers les belles collines Burundaises, un vent actuellement infectées d’odeurs nauséabondes de la haine, de la mort et de la vengeance dont vous ne cessez de propager.

Je me bats politiquement pour que ces jeunes qui ont été chassés de leur pays retournent avec dignité pour construire leur patrie mère. Je reste exil en attendant que ces jeunes IMBONERAKURE que vous embrigadez dans la milice puissent recouvrer la liberté d’espérer un autre avenir, un autre Burundi débarrassé de cet establishment dont les racines puisent la vitalité dans la terreur et la diabolisation d’autrui.

Je reste en exil pour attendre que les rapaces qui terrorisent et pillent le pays soient mis hors d’état de nuire par dialogue, par la justice ou par d’autres moyens afin que le pays retourne sur les rails de la paix et de la démocratie. Enfin je me bats pour que cesse l’impunité dans mon pays, pour que rayonne une justice indépendante qui pourra garantir la sécurité et la justice à tous les Burundais.

Ouvrez les yeux, ayez au moins le courage de constater que tous les burundais ne peuvent pas être achetés ou prendre pour modèles ceux qui trahissent leur cause par coup de milliards destinées à acheter les consciences. Dites à ceux qui vous aviez confiez cette mission que cet argent que vous dépensez dans la corruption n’aura pas de résultat et qu’il faut plutôt investir dans l’agriculture pour que les Burundais puissent manger à leur faim. Si jamais vous acceptiez de me répondre, même en privé, n’oubliez pas de me faire parvenir les nouvelles de votre ami Kiki GAHOMERA qui « qui s’est crevé les yeux » comme on le dit en Kirundi et qui aurait reçu l’une des récompense tant privilégiée par ce régime. Vous pourriez servir NKURUNZIZA le mieux qu’il puisse désirer, mais vous ne le ferez pas mieux que Jean Petit qui l’a porté sur son dos alors blessé, et qui a subit le triste sort dont vous n’ignorez certainement pas. Que le dieu des Inkona vous épargne d’une telle fin !

En somme apprenez que les hommes ont plusieurs façons de concevoir le monde et que les paroles données ne s’achètent pas. En signant sur la lettre qui conseillait à NKURUNZIZA de ne pas se représenter, je n’espérais point d’autres avantages outre que la paix et la stabilité de mon pays. Je vous recommande de mesurer ce genre d’aventures qui vous font naviguer sur plusieurs rivages pour chercher les personnes à corrompre dans le but de les forcer à renoncer à leur conviction en contre parti de quelques millions. “akamanyu k’umutsima”

En définitive, du moment que tu fais semblant d’ignorer les crimes contre l’humanité encours en continuant une aussi salle besogne d’achat de conscience qui est incompatible avec la mission d’OMBUSMAN, je vous demande de démissionner. C’est votre dernière chance de vous racheter aux yeux d’un peuple qui ne vous accorde aucune crédibilité.

Consulte ton ” SUR MOI” , démissionne et fuis ce régime sans lendemain. Demande à l’ancien Procureur Général près la Cour d’Appel de Bujumbura qui, après avoir observé sans agir les injustices et la participation de la justice dans la répression, a préféré jeter l’éponge et s’envoler avec sa famille. Surpasse toi, repends toi car il n’est jamais tard de jeter l’ancre pour éviter un naufrage inéluctable.

A défaut , si tu es résolu à continuer à œuvrer pour ce régime sans avenir , mange en silence et cesse de faire sonner ces trompettes d’achat des consciences pour esquiver le dialogue inter Burundais et partant une paix durable . Il est vrai que tu es allé déjà trop loin mais de grâce, cesse ces manouvres qui n’apporteront aucun résultat.

Cessez d’être considéré comme un expert en croc en jambe, en fourberie, en diversion et en ruses perfides et odieuses. Cher Edouard fait un effort pour façonner le peu d’humanité qui reste en toi.
Avec mes sincères amitiés,

KARAKWIYE Fidel

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