Déo Hakizimana ou quand les démons de la division se réveillent

On le croyait assagi par l’âge et les épreuves de la vie mais hélas, chasser le naturel il revient au galop comme disent les français ! Rentré d’exil il y a quelques années, Déo Hakizimana, Burundais de nationalité suisse était connu par beaucoup comme acteur de la société civile à travers une ASBL, le Centre Indépendant de Recherche et d’Initiatives pour le Dialogue, CIRID en cigle dont il assure la présidence depuis sa création. C’est à ce titre qu’il organisait des séminaires par-ci par-là, tantôt sur la bonne gouvernance, tantôt sur les droits de l’homme. Mais ce que certains ne savaient pas jusqu’ici, c’est que l’ancien signataire de la “lettre ouverte au président Buyoya” au lendemain des massacres de Ntega-Marangara, était devenu depuis son divorce avec le MSD d’Alexis Sinduhije un agent “occasionnel” du tristement célèbre Service National de Renseignement (SNR) burundais. Quelle honte pour ce “Muhanza” qui se targuait de lutter pour les opprimés et contre les dictatures, quelle honte pour ce sexagénaire qui a eu la chance de faire de bonnes études en Occident et de côtoyer bien de personnalités qui pensions-nous, l’avaient inspiré dans ses choix !

Mais il se trouve que sous le régime Nkurunziza, plus rien n’est tabou, y compris la bassesse de ceux qu’on croyait plus intelligents et plus sages que les autres. Après Pasteur Habimana et Jacques Bigirimana, Déo Hakizimana devient ainsi la énième trouvaille de la police présidentielle dans sa logique habituelle d’ethniciser le conflit actuel qui pourtant est éminemment politique. Son discours est désormais similaire au credo de Nkurunziza et sa clique : le mal burundais, c’est les Tutsi, le Rwanda, la Belgique et toute la communauté internationale! Il faut toutefois signaler qu’à l’inverse des deux premiers (Hab- imana et Bigir-imana) dont le niveau intellectuel laisse à désirer, Déo Hakiz-imana qui se dit le “plus intellectuel” des Hutu a pour mission de semer la confusion dans les représentations diplomatiques à Bujumbura et à l’extérieur du pays. C’est dans ce cadre qu’on l’a vu récemment à Genève au chevet d’un gouvernement dont les émissaires avaient de la peine à s’expliquer par rapport aux crimes commis par Nkurunziza et ses acolytes.

Il a eu le culot de faire passer Jacques Bigirimana, président du FNL Nyakuri (satellite) pour un membre de son organisation, le CIRID dans le but de lui donner l’opportunité de plaider sans succès pour le régime criminel de Nkurunziza. Le ridicule ne tue pas. Aux dernières nouvelles, nous apprenons que de retour à Bujumbura, Déo Hakizimana ne rate plus aucune occasion dans les milieux proches du CNDD-FDD pour faire comprendre qu’il est l’artisan de la fameuse résolution du groupe «africain» qui selon ses propos a sauvé de justesse Nkurunziza et ses généraux. Il s’attendrait ainsi à une promotion, oubliant malheureusement qu’aux yeux du même Nkurunziza, ce natif de Kiganda, “diplomate et spécialiste d’études stratégiques” fait aussi partie de ceux qui selon lui se la coulaient douce en Europe pendant que lui et les “Benemugambwe (propriétaires du parti!)” souffraient de tous les maux dans le maquis.

Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple !

Thomas Sankara.

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